Biodiversité et resources génétiques

Nouvelle publication - Les lois semencières qui criminalisent les paysans : résistance et luttes

La Via Campesina | GRAIN
Communiqué de presse
 - 8 avril 2015

Pour publication immédiate

Les semences paysannes, base de la production alimentaire, sont attaquées de toutes parts. Dans de nombreux pays, les lois votées sous pression des grandes entreprises limitent de plus en plus l’utilisation que les paysans peuvent faire de leurs semences. La conservation et la réutilisation des semences, une pratique millénaire à base de l’agriculture, est ainsi rapidement devenue une pratique criminelle.

Il faut agir ! Un nouveau livret et un poster édités par La Via Campesina et GRAIN exposent la façon dont les multinationales et les gouvernements s’y prennent pour freiner l’échange et la protection des semences par les paysans ; mais ces derniers ne se laissent pas faire.

Selon Guy Kastler de La Via Campesina : « Le contrôle des semences doit se trouver entre les mains des paysans et des paysannes. C’est ce principe, base même des procédés de production, qui assure la souveraineté alimentaire des communautés rurales et des populations urbaines face aux multinationales et leurs énormes profits. Au cours des siècles, les paysans ont trié et sélectionné des milliers de variétés de semences qui ont fait le chemin jusqu’à notre époque et se retrouvent maintenant à la base des régimes alimentaires du monde entier ».

Il se fait que, aux yeux des multinationales qui cherchent à imposer des lois leur offrant le contrôle sans condition des terres, de l’agriculture, des denrées alimentaires et des profits qui peuvent être réalisés dans ce secteur, ces pratiques semencières ancestrales sont un obstacle de taille. Pour La Via Campesina, les lois doivent au contraire garantir les droits des paysans de conserver, d'utiliser, d'échanger, de vendre leurs semences et les protéger de la biopiraterie.

« Avec le soutien des gouvernements, les grandes entreprises  mènent l'offensive sur le plan juridique, pour prendre le contrôle des semences. Elles se permettent non seulement de privatiser les semences grâce à de nouvelles lois, mais s'accordent également de nouveaux droits pour pouvoir entrer de force chez les paysans et détruire leurs semences » , explique Camila Montecinos de GRAIN.

Les lois qui concernent les semences évoluent et s’endurcissent en réponse aux désidératas de l’industrie biotechnologique et semencière. Les soi-disant « accords de libre-échange », les traités d’investissements bilatéraux et les initiatives d’intégration régionales renforcent l’impact des autres droits de propriétés sur les semences en apparence moins contraignant.

Ce qui est en jeu ici, ce sont les fondements de l’agriculture paysanne, ni plus ni moins. Dans le monde entier, des mouvements sociaux, et surtout des associations de paysannes et de paysans, se sont levés et se sont mobilisés pour empêcher le vote de telles lois.

Les multinationales et les gouvernements comptent sur la confidentialité et le manque de transparence, car ils savent que des citoyens bien informés rejetteraient l’idée de la privatisation des semences.

Ce livret a pour objectif de renforcer la résistance en permettant au plus grand nombre, et tout particulièrement aux communautés rurales les plus touchées par cette problématique, de comprendre ces lois de l'industrie, leurs objectifs et leurs impacts. Il entend aussi insister sur le rôle que jouent les mouvements sociaux pour faire voter des lois qui, au contraire, protègent les droits des paysans : leur succès est une condition incontournable de la souveraineté alimentaire et par conséquence de la souveraineté politique des peuples.


Table des matières
    1.    Comment les législations semencières convertissent les semences paysannes en semences illégales
    2.    Afrique : un trésor menacé
    3.    Les Amériques : la résistance massive contre les lois Monsanto
    4.    Asie : la lutte contre une nouvelle vague de semences industrielles
    5.    Europe : les paysans s’efforcent de sauver la diversité agricole
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Contacts

La Via Campesina

Guy Kastler (français) +33 46 891 2895

Andrea Ferante (anglais, espagnol) +39 348 018 9221

GRAIN

Renée Vellvé (anglais, français) +33 67 507 3468

Camila Montecinos (espagnol) +56 22 222 4437

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Avis aux éditeurs
Ce livret est accompagné

 

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